dimanche, juin 24, 2007

Un été radieux en perspective

(article publié initialement dans TOURISME)

Si 2006 a semblé être l’année des privations pour les voyageurs et l’industrie, 2007 transporte avec elle un parfum d’optimisme prudent, après les odeurs plutôt âcres qui l’ont précédé. Pour sonder l’humeur générale qui prévaut à l’approche de ce qui sera, espérons-le, une période de renouveau, nous avons demandé à quelques membres de l’industrie de nous dire ce que pourraient nous réserver les vents dominants, à l’aube d’un autre été.

Lynn Flury, directrice générale du Hilton Garden Inn, de Saskatoon, dit que l’été qui approche « semble pas mal solide » :

« Une des choses sur lesquelles nous comptons dans ce marché [des hôtels du centre-ville], ce sont les conférences nationales qui ont lieu surtout l’été. Pour le moment, il est très difficile de prédire l’évolution du marché des voyages d’agrément, mais j’estime qu’il sera favorable, si je me fie à ce qui se passe ailleurs au pays. Nous prévoyons accueillir beaucoup de gens d’affaires américains [la chaîne Hilton est archiconnue aux États-Unis]. Ces dernières années, l’économie a été très vigoureuse à Saskatoon; si elle se maintient, notre secteur continuera à en profiter. »

En Alberta, Pierre Frigon, directeur du marketing et des voyages de groupe et d’agrément, au Sawridge Inn and Conference Centre, de Jasper, renchérit :

« Notre été sera fabuleux. Nous attendons moins de voyageurs américains que jamais auparavant, mais aussi beaucoup plus d’Albertains que jamais. Notre période de pointe, pour les voyages d’agrément, s’étend du 15 juin au 15 octobre [les conférences ont lieu avant et après cette période]. Le parc national de Jasper célèbre son 100e anniversaire et pour souligner l’événement, nous présenterons une pièce sur le thème de la conservation de l’eau dans la salle de bal, qui est sous-utilisée durant l’été. »

Vous vous souvenez de la férocité des tempêtes qui se sont abattues sur le parc Stanley, à Vancouver, cet hiver? Gerry O’Neil, de la Stanley Park Horse-Drawn Tours, espère que les visiteurs ne s’imagineront pas que cette attraction de calibre international a complètement disparu :

« On a perdu de 5 000 à 8 000 arbres, et les médias en ont beaucoup parlé, partout dans le monde. Un certain nombre de voyagistes ont téléphoné pour nous demander si nous étions toujours en affaires. Il faut que les gens sachent que les tempêtes ont détruit moins de 1 % des arbres du parc, dans des zones très localisées, loin de nos itinéraires. Nous l’avons dit aux voyagistes qui ont téléphoné, mais je m’inquiète davantage de ceux qui n’ont pas appelé. C’est encore un peu tôt, mais tout indique qu’il n’y aura pas de baisse. Nous avons connu une bonne augmentation l’an dernier, notre chiffre d’affaires ayant progressé de 12 % par rapport à l’année précédente. »

Pour David Pancoe, de Northern Soul, qui organise des expériences de canotage au Manitoba et qui a fait des investissements stratégiques en marketing, tout indique que les récompenses arriveront bientôt :

« Nous recevons des dépôts. Je réponds à toutes les demandes de renseignements provenant des salons commerciaux, et les choses tombent en place, surtout au Royaume-Uni. C’est sur ce marché que notre croissance est la plus forte. J’en attribue la cause aux salons auxquels j’ai participé et à la liaison aérienne directe entre Londres et Winnipeg. »

Un vétéran de l’industrie, Paul Leeson, de Purcell Mountain Lodge, en Colombie-Britannique, analyse ainsi les tendances dont il est témoin :

« Il y a un peu d’optimisme, mais les réservations n’ont toujours pas atteint les niveaux d’avant le 11 septembre. Le redressement est beaucoup plus lent que prévu, mais la situation s’améliore légèrement par rapport à l’an dernier. Je ne veux pas jeter tout le blâme sur le 11 septembre, car je pense que nous avons traversé la tempête du siècle. L’offre de voyages d’aventure et d’expéditions en pleine nature a explosé, mais la demande n’a pas vraiment suivi le mouvement. Y aura-t-il rattrapage? Je l’ignore. En gros, les produits d’aventure sont tellement nombreux et l’industrie a pris tant d’expansion, ces 10 dernières années, qu’il n’est pas étonnant que certains d’entre nous n’arrivent plus à afficher complet. Nous concentrons maintenant nos efforts sur l’industrie des voyages, la forfaitisation et les excursions en petits groupes. Notre clientèle autonome ne se reconstitue pas et il faudra améliorer nos partenariats pour accomplir quelques progrès. Nous avons remporté certains succès avec des groupes de Japonais et de randonneurs spécialisés; désormais, nous ne pouvons plus compter sur l’Amérique du Nord. »

Rudolf Hegetschweiler, directeur commercial de Misa Tours International, à Victoriaville, perçoit quelques signes encourageants. Sa clientèle est essentiellement européenne :

« L’année qui s’annonce ressemble davantage à 2005 qu’à 2006, qui nous a frappés très durement. Mais nous avons survécu et les choses s’arrangent, grâce à l’augmentation des réservations. Est-ce à cause de la stabilisation du marché des devises? Les gens ont-ils appris à surmonter leurs craintes et le stress que leur infligent les aéroports? Je pense que les gens ont été forcés de restreindre leurs projets de voyage au cours des cinq à six dernières années et qu’ils sont restés chez eux à cause de cela. Aujourd’hui, ils sentent de plus en plus le besoin de concrétiser leurs projets de voyage ou de les abandonner complètement. »

Nathalie Blouin travaille pour Québec Maritime. Elle évalue souvent l’été en fonction de ce que font les Européens :

« Étant donné que les Européens réservent plus tôt que la clientèle moins éloignée, nous savons souvent ce que nous réserve l’été en observant ce que font les visiteurs d’outre-mer. Les réservations vont bon train. Avec la CCT, nous avons participé récemment au Salon mondial du tourisme, à Paris, où nous avons pu constater l’engouement qu’éprouvent les Européens francophones à l’égard des expériences vécues en pleine nature. Avec nos parcs nationaux, nos excursions d’observation de mammifères marins, le kayak de mer et les randonnées pédestres, nous sommes bien positionnés. Pour ces activités, la demande ne semble pas vouloir diminuer de sitôt. »

Les représentants de l’industrie du tourisme du Nunavut sont les premiers à faire valoir que les croisières (par opposition au saute-mouton que l’on fait en avion) permettent de voir plus de territoire d’un seul coup. Dugald Wells est tout à fait d’accord. Il est président de Cruise North, qui exploite un navire baptisé Lyubov Orlova :

« Ce navire est notre moyen de transport, mais il sert aussi de point de départ pour nos promenades en Zodiak, nos randonnées pédestres et nos activités d’observation de la faune. Nous en sommes à notre troisième année d’exploitation et nos activités sont centrées exclusivement sur le Canada. La plupart des voyages durent huit nuitées seulement. Nos prix comprennent le billet d’avion à partir de Montréal; le transporteur est une société soeur qui appartient aussi aux Inuits. Cet été, nous pensons au moins doubler le nombre de réservations. L’an dernier, 10 % de notre clientèle venait d’outre-mer. Cette année, près de 70 % de notre clientèle viendra de là-bas, surtout de France et d’Allemagne.

« Sur le plan opérationnel, nous travaillons assidûment pour faire participer un plus grand nombre d’Inuits. Cette année, 14 Inuits font partie du personnel de bord, et nous faisons beaucoup de formation dans les domaines de l’accueil, des premiers soins et de la conduite de Zodiaks. C’est une partie importante de notre travail et c’est pourquoi les gens aiment tant ces voyages; l’authenticité des rapports avec les Inuits repose simplement sur le côtoiement, plutôt que sur la présence d’un artéfact vivant [d’un sculpteur célèbre, par exemple]. Nos invités apprennent à connaître les Inuits différemment lorsqu’ils se font conduire par eux dans un Zodiak. »

Un été radieux en perspective

(article publié initialement dans TOURISME)

Si 2006 a semblé être l’année des privations pour les voyageurs et l’industrie, 2007 transporte avec elle un parfum d’optimisme prudent, après les odeurs plutôt âcres qui l’ont précédé. Pour sonder l’humeur générale qui prévaut à l’approche de ce qui sera, espérons-le, une période de renouveau, nous avons demandé à quelques membres de l’industrie de nous dire ce que pourraient nous réserver les vents dominants, à l’aube d’un autre été.

Lynn Flury, directrice générale du Hilton Garden Inn, de Saskatoon, dit que l’été qui approche « semble pas mal solide » :

« Une des choses sur lesquelles nous comptons dans ce marché [des hôtels du centre-ville], ce sont les conférences nationales qui ont lieu surtout l’été. Pour le moment, il est très difficile de prédire l’évolution du marché des voyages d’agrément, mais j’estime qu’il sera favorable, si je me fie à ce qui se passe ailleurs au pays. Nous prévoyons accueillir beaucoup de gens d’affaires américains [la chaîne Hilton est archiconnue aux États-Unis]. Ces dernières années, l’économie a été très vigoureuse à Saskatoon; si elle se maintient, notre secteur continuera à en profiter. »

En Alberta, Pierre Frigon, directeur du marketing et des voyages de groupe et d’agrément, au Sawridge Inn and Conference Centre, de Jasper, renchérit :

« Notre été sera fabuleux. Nous attendons moins de voyageurs américains que jamais auparavant, mais aussi beaucoup plus d’Albertains que jamais. Notre période de pointe, pour les voyages d’agrément, s’étend du 15 juin au 15 octobre [les conférences ont lieu avant et après cette période]. Le parc national de Jasper célèbre son 100e anniversaire et pour souligner l’événement, nous présenterons une pièce sur le thème de la conservation de l’eau dans la salle de bal, qui est sous-utilisée durant l’été. »

Vous vous souvenez de la férocité des tempêtes qui se sont abattues sur le parc Stanley, à Vancouver, cet hiver? Gerry O’Neil, de la Stanley Park Horse-Drawn Tours, espère que les visiteurs ne s’imagineront pas que cette attraction de calibre international a complètement disparu :

« On a perdu de 5 000 à 8 000 arbres, et les médias en ont beaucoup parlé, partout dans le monde. Un certain nombre de voyagistes ont téléphoné pour nous demander si nous étions toujours en affaires. Il faut que les gens sachent que les tempêtes ont détruit moins de 1 % des arbres du parc, dans des zones très localisées, loin de nos itinéraires. Nous l’avons dit aux voyagistes qui ont téléphoné, mais je m’inquiète davantage de ceux qui n’ont pas appelé. C’est encore un peu tôt, mais tout indique qu’il n’y aura pas de baisse. Nous avons connu une bonne augmentation l’an dernier, notre chiffre d’affaires ayant progressé de 12 % par rapport à l’année précédente. »

Pour David Pancoe, de Northern Soul, qui organise des expériences de canotage au Manitoba et qui a fait des investissements stratégiques en marketing, tout indique que les récompenses arriveront bientôt :

« Nous recevons des dépôts. Je réponds à toutes les demandes de renseignements provenant des salons commerciaux, et les choses tombent en place, surtout au Royaume-Uni. C’est sur ce marché que notre croissance est la plus forte. J’en attribue la cause aux salons auxquels j’ai participé et à la liaison aérienne directe entre Londres et Winnipeg. »

Un vétéran de l’industrie, Paul Leeson, de Purcell Mountain Lodge, en Colombie-Britannique, analyse ainsi les tendances dont il est témoin :

« Il y a un peu d’optimisme, mais les réservations n’ont toujours pas atteint les niveaux d’avant le 11 septembre. Le redressement est beaucoup plus lent que prévu, mais la situation s’améliore légèrement par rapport à l’an dernier. Je ne veux pas jeter tout le blâme sur le 11 septembre, car je pense que nous avons traversé la tempête du siècle. L’offre de voyages d’aventure et d’expéditions en pleine nature a explosé, mais la demande n’a pas vraiment suivi le mouvement. Y aura-t-il rattrapage? Je l’ignore. En gros, les produits d’aventure sont tellement nombreux et l’industrie a pris tant d’expansion, ces 10 dernières années, qu’il n’est pas étonnant que certains d’entre nous n’arrivent plus à afficher complet. Nous concentrons maintenant nos efforts sur l’industrie des voyages, la forfaitisation et les excursions en petits groupes. Notre clientèle autonome ne se reconstitue pas et il faudra améliorer nos partenariats pour accomplir quelques progrès. Nous avons remporté certains succès avec des groupes de Japonais et de randonneurs spécialisés; désormais, nous ne pouvons plus compter sur l’Amérique du Nord. »

Rudolf Hegetschweiler, directeur commercial de Misa Tours International, à Victoriaville, perçoit quelques signes encourageants. Sa clientèle est essentiellement européenne :

« L’année qui s’annonce ressemble davantage à 2005 qu’à 2006, qui nous a frappés très durement. Mais nous avons survécu et les choses s’arrangent, grâce à l’augmentation des réservations. Est-ce à cause de la stabilisation du marché des devises? Les gens ont-ils appris à surmonter leurs craintes et le stress que leur infligent les aéroports? Je pense que les gens ont été forcés de restreindre leurs projets de voyage au cours des cinq à six dernières années et qu’ils sont restés chez eux à cause de cela. Aujourd’hui, ils sentent de plus en plus le besoin de concrétiser leurs projets de voyage ou de les abandonner complètement. »

Nathalie Blouin travaille pour Québec Maritime. Elle évalue souvent l’été en fonction de ce que font les Européens :

« Étant donné que les Européens réservent plus tôt que la clientèle moins éloignée, nous savons souvent ce que nous réserve l’été en observant ce que font les visiteurs d’outre-mer. Les réservations vont bon train. Avec la CCT, nous avons participé récemment au Salon mondial du tourisme, à Paris, où nous avons pu constater l’engouement qu’éprouvent les Européens francophones à l’égard des expériences vécues en pleine nature. Avec nos parcs nationaux, nos excursions d’observation de mammifères marins, le kayak de mer et les randonnées pédestres, nous sommes bien positionnés. Pour ces activités, la demande ne semble pas vouloir diminuer de sitôt. »

Les représentants de l’industrie du tourisme du Nunavut sont les premiers à faire valoir que les croisières (par opposition au saute-mouton que l’on fait en avion) permettent de voir plus de territoire d’un seul coup. Dugald Wells est tout à fait d’accord. Il est président de Cruise North, qui exploite un navire baptisé Lyubov Orlova :

« Ce navire est notre moyen de transport, mais il sert aussi de point de départ pour nos promenades en Zodiak, nos randonnées pédestres et nos activités d’observation de la faune. Nous en sommes à notre troisième année d’exploitation et nos activités sont centrées exclusivement sur le Canada. La plupart des voyages durent huit nuitées seulement. Nos prix comprennent le billet d’avion à partir de Montréal; le transporteur est une société soeur qui appartient aussi aux Inuits. Cet été, nous pensons au moins doubler le nombre de réservations. L’an dernier, 10 % de notre clientèle venait d’outre-mer. Cette année, près de 70 % de notre clientèle viendra de là-bas, surtout de France et d’Allemagne.

« Sur le plan opérationnel, nous travaillons assidûment pour faire participer un plus grand nombre d’Inuits. Cette année, 14 Inuits font partie du personnel de bord, et nous faisons beaucoup de formation dans les domaines de l’accueil, des premiers soins et de la conduite de Zodiaks. C’est une partie importante de notre travail et c’est pourquoi les gens aiment tant ces voyages; l’authenticité des rapports avec les Inuits repose simplement sur le côtoiement, plutôt que sur la présence d’un artéfact vivant [d’un sculpteur célèbre, par exemple]. Nos invités apprennent à connaître les Inuits différemment lorsqu’ils se font conduire par eux dans un Zodiak. »

Un hôtel boutique? Mais de quoi s’agit-il?

(article publié initialement dans TOURISME)

Justement, qu’est-ce que c’est, un hôtel boutique? Christiane Germain, pionnière dans ce secteur, reconnaît qu’il existe de nombreuses définitions du concept. Elle est pdg du Groupe Germain, qui exploite plusieurs hôtels à Québec, Montréal et Toronto. Voici ce qu’elle en dit :

« Pour moi, l’hôtel boutique est un établissement qui fait un plus grand étalage de sa personnalité, grâce à un aménagement plus conceptualisé et à un style mieux défini. Il y en a de toutes les tailles, mais ceux qui correspondent sans doute le mieux au concept ‘boutique’ reflètent les désirs profonds des personnes qui préfèrent ce genre d’établissement. »

D’autres aspects, sensibilités et éléments de recherche doivent être pris en compte dans le développement opérationnel, poursuit Mme Germain, mais lorsque le produit existe, il faut harmoniser le volet service avec l’établissement : « Les invités s’attendront à un certain niveau d’élégance. C’est quelque chose que les membres du personnel peuvent aider à concrétiser; le personnel transmet à l’établissement le genre d’atmosphère bien rodée qui fait écho à l’ambiance de l’endroit proprement dit. »

La prise de conscience de Mme Germain découle d’une tradition familiale relativement jeune, dont les racines remontent à 1988, dans la région de Québec : « Nous avons ouvert notre premier hôtel, le Germain-des-Prés, à Sainte-Foy, après avoir visité l’hôtel Morgans, à New York. » Ouvert en 1984, l’hôtel Morgans prétend être le premier hôtel boutique. « Nous l’avons beaucoup aimé, confie Mme Germain, et son élégance nous a inspirés. Nous avons compris qu’il y avait à Québec une place pour un établissement de ce genre, qui transmettrait une partie de l’authenticité locale et qui s’adapterait bien à notre contexte, sans plagier ce que nous avions vu à New York. »

À mesure que les travaux de développement avançaient, tout le potentiel du concept est apparu. « Nous avons continué de voyager à divers endroits et nous avons découvert que ce genre de produit était rare, précise Mme Germain. Nous avons commencé à concevoir un deuxième hôtel, le Dominion 1912, situé cette fois-ci au coeur du Vieux-Québec. On lui a donné une touche légèrement plus luxueuse, et le succès a été instantané. »

Et comment : en 2005, le Dominion 1912 a été couronné meilleur hôtel du Canada par le magazine Condé Nast Traveler. Entre-temps, le Groupe Germain s’est lancé dans un projet d’expansion qui allait lui ouvrir de nouveaux marchés.

« Nous avons ouvert notre hôtel de Montréal en 1999, puis un autre à Toronto en 2003. Notre objectif : ouvrir un hôtel Germain dans tous les grands centres urbains du Canada. Nous avons un concept très original, auquel nous nous apprêtons à intégrer un élément résidentiel, à Calgary; nous avons des plans pour Vancouver, nous prévoyons un deuxième hôtel à Toronto et nous adorerions en installer un à Halifax. Il s’agit de donner un certain rayonnement pancanadien à notre marque. »

C’est quelque chose qui ne peut se concrétiser sans la complicité de tous les employés du Groupe Germain, croit-elle : « Premièrement, nous devons donner à nos employés les bons outils. Il faut leur faire comprendre l’importance que nous attachons à leur travail. Dans les entreprises de services, le défi est d’appuyer le personnel qui répond aux besoins d’autres personnes. Nous le relevons en consultant nos employés sur le processus organisationnel. Ils ont beaucoup d’idées sur la façon de gérer les relations avec la clientèle, ils connaissent souvent les réponses et les solutions à certains des défis que nous devons relever et ils découvrent fréquemment les problèmes avant nous. Comme nous les mobilisons à ce niveau-là, ils se sentent d’autant plus valorisés et appréciés. »

Cette approche ne se limite pas aux hôtels haut de gamme. Le Groupe Germain travaille d’ailleurs à l’élaboration d’une nouvelle enseigne. « Je ne veux pas encore parler de chaîne, parce que le premier hôtel est en construction et qu’il ouvrira à Montréal en septembre. Cette nouvelle gamme s’appelle ALT. » L’hôtel inaugural comprendra une série d’éléments éconergétiques : systèmes de chauffage et de climatisation géothermiques; récupération de la chaleur de l’air extérieur et intérieur; récupération de la chaleur de l’eau des lessiveuses commerciales; éclairage éconergétique; interrupteurs centraux permettant de contrôler toutes les lampes des chambres; chauffage géothermique de l’eau ainsi que des tuiles du rez-de-chaussée; contacts de porte dans les puits d’escalier pour réduire l’éclairage de moitié lorsqu’il n’y a personne, etc.

« Nous avons conçu la gamme ALT pour qu’elle serve d’alternative aux hôtels plus dispendieux, dans un segment où nous trouvons que les hôtels se ressemblent beaucoup, explique Mme Germain. La chambre ALT pourrait être plus petite qu’une chambre classique de cette catégorie, mais l’espace sera beaucoup mieux utilisé. Le décor sera plus contemporain et on mettra particulièrement l’accent sur les matériaux et sur la façon dont ils enrichissent l’expérience. Il ne s’agit pas seulement d’accroître la personnalisation, loin de là; c’est plutôt une exploration essentielle de la conception, qui sert à lui donner une saveur plus contemporaine. »

Mme Germain estime que ce genre d’approche n’exclut pas que le produit soit abordable. « Nous essayons simplement de donner au consommateur quelque chose de mieux, avec des lits et des draps confortables. Même si vous payez moins cher, vous ne voulez pas que les draps aient l’air d’avoir été lavés au papier sablé. »

Mme Germain a acquis la majeure partie de sa perspicacité grâce à ses voyages et à ses analyses : « Lorsque nous développons des produits, tout tourne autour du client individuel. Lorsque les clients voyagent, ils cherchent à vivre des moments particuliers; par conséquent, nous communiquons davantage avec les gens, plutôt qu’avec des segments de la population. Je dirais qu’avec nous, l’âge n’est pas un repère valide. Ce qui compte, c’est plutôt la curiosité et le goût qu’ont les gens d’essayer des nouveautés : voilà ce qui les attirera et les satisfera. Nous préparons le terrain pour ce genre de chose. »

Il faut rafraîchir, développer et investir, disent des spécialistes du tourisme

(article publié initialement dans TOURISME)

Les exploitants d’entreprises touristiques canadiennes doivent investir dans des expériences plus exclusives et de gamme plus élevée s’ils veulent soutenir la concurrence qui émerge ailleurs dans le monde, peut-on lire dans un article de Geoffrey Scotton, du Calgary Herald (18 avril 2007).

« Il faut que nous améliorions la qualité de nos produits touristiques », a déclaré Peter Armstrong, pdg de Rocky Mountaineer Vacations, dans une allocution prononcée devant la chambre de commerce de Calgary et dont l’article fait état. « La première chose que nous avons apprise, c’est que vous pouvez vous réinventer et créer un nouveau produit – et en toucher d’énormes dividendes. »

M. Armstrong dit aussi que l’industrie canadienne doit investir pour offrir de nouvelles expériences passionnantes et invitantes. Sinon, elle risque de continuer à perdre des parts de marché. Selon l’article, Derek Coke‑Kerr, directeur exécutif de Travel Alberta, l’industrie doit effectivement investir pour diversifier ses produits. « On ne peut pas commercialiser les montagnes à l’infini », a déclaré M. Coke‑Kerr. « Le secteur privé doit, sur le plan des investissements, participer beaucoup plus au développement d’autres produits [et] attractions. »

Téléphonie par Internet : populaire pour le commerce international

(article publié initialement dans TOURISME)

Nous avons récemment demandé aux lecteurs de TOURISME au quotidien ce qu’ils pensaient du nombre croissant de services de téléphonie par Internet qui sont offerts à des prix très compétitifs. Les réponses sont arrivées rapidement et beaucoup nous ont raconté comment ils utilisent Yahoo, Messenger, Skype, Voipstunt et autres.

Robin Banerjee est président de Call of the Wild et d’Algonquin Eco-Lodge, à Markham (Ontario), et il utilise Skype. Il s’agit d’un programme gratuit qui fait appel à une technologie poste à poste ultramoderne pour offrir dans le monde entier des services de communication abordables et de haute qualité.

« Nous proposons des excursions en canot dans les zones sauvages du parc Algonquin, ainsi que des randonnées en traîneaux à chiens durant l’hiver. De 40 à 50 % de nos clients sont Européens; un service comme Skype leur permet de nous appeler gratuitement. Sur notre site, ils peuvent toujours cliquer sur le bouton ‘Skype Me’ », précise M. Banerjee.

Cette fonctionnalité permet à tous les autres utilisateurs de Skype de savoir que vous êtes disponible. Cela comprend des gens qui ne vous connaissent pas mais qui peuvent vous trouver en interrogeant l’annuaire de Skype ou en trouvant votre adresse Skype sur des annonces ou par d’autres moyens. Skype est très populaire en Europe.

M. Banerjee dit qu’il a mis au point des plans ambitieux qui feront bientôt appel à des programmes comme Skype : « Notre auberge en milieu sauvage est située à la pointe sud du parc Algonquin, où il n’y a pas d’électricité ni de téléphones cellulaires. Nous avons une chute qui est située tout près, et nous avons commencé à installer une petite génératrice hydromotrice avec laquelle nous produirons notre propre électricité. Lorsqu’elle sera installée, je pourrai utiliser Internet, MSN et Skype par satellite; on me dit cependant que le décalage du signal satellite posera un problème avec Skype. »

Trent Schumann, de Mountain Quest/Experienca, à Calgary, une entreprise qui offre des séances de réflexion pour employés et pour cadres, ainsi que des programmes de formation en leadership, explique que ce genre de technologie est utile, surtout s’il faut communiquer avec des pays d’outre-mer. « Nous offrons des programmes dans d’autres pays et j’ai, là-bas, des partenaires avec qui je communique constamment à l’aide de Skype et de MSN parce que c’est moins cher, précise M. Schumann. Je n’utilise pas Skype pour parler à des clients d’outre-mer, parce que le service n’est pas toujours fiable. Mais parfois, Skype est tellement clair; c’est comme si on parlait au voisin. »

Dirk Terpstra est directeur du marketing et des ventes chez Canadian Travel Design, une entreprise de tourisme réceptif de Salmon Arm, en Colombie-Britannique. « Nous utilisons Skype pour améliorer nos services et réduire nos coûts. [Notre clientèle] est composée uniquement d’agents de voyages et de voyagistes du monde entier. Nous avons un annuaire et nous utilisons Skype pour environ 15 % de ceux avec qui nous communiquons quotidiennement », dit-il. « Habituellement, nos clients nous envoient leurs réservations par courriel. S’il y a des questions ou s’ils souhaitent expliquer quelque chose, nous utilisons beaucoup Skype. Pour la vente et le marketing, j’utilise Skype pour discuter de nouvelles caractéristiques, de brochures et de nouveautés, ainsi que pour garder le contact. Lorsque mes clients ne sont pas des utilisateurs de Skype, j’utilise Skype Out. » (Skype Out permet de faire des appels à des téléphones ordinaires partout dans le monde, à des tarifs très inférieurs à ceux des services classiques.)

« Récemment, ajoute M. Terpstra, nous avons eu des problèmes avec un voyagiste des Pays-Bas, et nous voulions discuter d’un certain nombre de sujets. Nous avons parlé avec deux Néerlandais dans deux endroits différents, en établissant une conférence téléphonique à quatre personnes. J’ai utilisé Skype Out pour les deux Néerlandais et le service gratuit de Skype pour ma collègue.

« Nous avons deux bureaux de réservation à Salmon Arm, où nous travaillons avec quatre personnes, et j’effectue la majeure partie de mon travail de marketing et de vente à partir de la maison. Je visite le bureau une fois par semaine, et quand je travaille à domicile, mon Skype est en communication avec le bureau au moins deux heures par jour, ce qui me permet d’entrer très fréquemment en contact avec le bureau; je laisse la ligne ouverte, et c’est comme si j’étais toujours là. »

Judy Karwacki, de Small Planet Consulting Inc., à North Vancouver, dit qu’elle utilise toute une gamme de programmes selon le pays avec ou dans lequel elle travaille. « Skype fonctionne bien, également, pour clavarder, mais j’utilise Voipstunt, un système semblable à Skype qui permet d’appeler gratuitement dans plus de 30 pays, déclare Mme Karwacki. « Si j’appelle du Royaume-Uni, de l’Australie ou d’un de ces pays, je l’utilise, parce que c’est absolument gratuit; avec Voipstunt, on peut même appeler gratuitement des téléphones classiques.

« J’ai aussi commencé à utiliser Yahoo pour téléphoner. Actuellement, sur mon écran d’ordinateur, Skype, MSN, Yahoo et Voipstunt sont ouverts, et je travaille avec des gens en Australie, aux Fidji, au Royaume-Uni et en Guyane. »

Alain Carbonneau, directeur des ventes, s’occupe de gestion de congrès pour JPdL, à Montréal. Il pense que ces systèmes sont admirables pour réduire les coûts. « Nous tenons parfois sur Skype des conférences téléphoniques avec six personnes situées ailleurs dans le monde. Il est très utile, aussi, de pouvoir télécharger sans difficultés de gros fichiers – qui peuvent atteindre jusqu’à 20 ou 30 méga-octets. Il suffit, à l’autre bout du fil, d’accepter le transfert. Ça fonctionne de façon impeccable. Et, en même temps, vous pouvez continuer de parler au téléphone. »

Sur Skype, vous devez prendre l’appel si le téléphone sonne, à moins que vous soyez abonné à Skype Voicemail. « Vous pouvez aussi envoyer à l’appelant un court message électronique pour lui dire que vous êtes occupé sur une autre ligne », ajoute M. Carbonneau, qui a entendu dire que des entreprises européennes travaillent à un concept inspiré de Skype pour les téléphones cellulaires. « Cela ferait éclater la grille tarifaire actuelle. Si ça se produit, ça changera complètement le monde des téléphones. »

Toutefois, l’utilisation de Skype et de tous ces programmes peut nuire au rendement du réseau de votre entreprise, si plusieurs personnes l’utilisent simultanément. Combien d’utilisateurs voulez-vous dans votre entreprise? La décision vous appartient, mais côté produits, vous aurez l’embarras du choix.

Tendances : Les Américains seraient prêts à passer au vert

(article publié initialement dans TOURISME)

Selon un sondage TripAdvisor effectué auprès de 1 000 voyageurs, 40 % des répondants prennent le tourisme écologique en considération, signale Bev Fearis, dans TravelMole. On apprend également que 66 % des répondants pensent que l’écologisation des voyages est utile.

Le sondage révèle que près de 25 % des répondants estiment que les voyages par avion devraient être évités autant que possible, pour protéger l’environnement, tandis que 38 % ont dit qu’ils paieraient plus cher pour prendre un vol non polluant, et que 26 % paieraient de 5 à 10 % de plus. Seulement 3 % des répondants ont déjà acheté des crédits de carbone.

Pour ce qui est de l’hébergement, 34 % des répondants ont dit qu’ils paieraient davantage pour séjourner dans un hôtel respectueux de l’environnement, tandis que 38 % ont dit qu’ils avaient déjà séjourné dans ce genre d’établissement.

Un deuxième article de TravelMole – rédigé par David Wilkening –fait état d’un document qu’Orbitz a préparé sur les destinations écologiques. Selon ce document, 65 % des Américains disent que leur choix d’hôtel pourrait changer s’ils savaient que l’établissement utilise de l’énergie solaire ou éolienne, et 63 % disent qu’ils paieraient un peu plus cher pour louer un véhicule hybride ou séjourner dans un hôtel « vert ».

Que veulent‑ils donc, ces voyageurs américains?

(article publié initialement dans TOURISME)

D'après un récent article du Hotel News Resource, la Travel Industry Association (TIA) et American Express ont dévoilé les résultats d'un rapport marquant sur ce que les Américains font réellement durant leurs voyages d'agrément, par opposition à ce qu'ils « veulent » faire. The Ideal American Vacation Trip a été préparé à l'aide d'un sondage mené en ligne en 2006, auprès de 2 500 voyageurs d'agrément dont le comportement est analysé en fonction de divers segments de marché.

« Les Américains adorent toujours les voyages d'agrément, mais ce sondage révèle que l'industrie pourrait améliorer grandement l'expérience vécue par les voyageurs, peu importe l'âge, le type de famille ou la motivation », déclare Lisa Gregg, vice‑présidente, développement de marché pour l'Amérique du Nord, chez American Express. Suzanne Cook, Ph.D., vice‑présidente principale à la recherche à la Travel Industry Association, renchérit : « À une époque où la croissance des voyages est relativement modeste, le ciblage compte plus que jamais ».

Pour lire l'article en entier : www.hotelnewsresource.com/article27027.html.