samedi, juillet 21, 2007

Culture et tourisme : un heureux mélange


(article publié initialement dans TOURISME)

Les organisations culturelles et patrimoniales collaborent régulièrement avec le secteur touristique, mais un grand nombre d’organisations du patrimoine n’ont pas vraiment déterminé ce que ces partenariats pourraient leur apporter. Donna Dul, coprésidente de l’Initiative fédérale‑provinciale/territoriale sur le tourisme (IFPTT), explique que l’Initiative a été créée pour examiner le rôle de la culture et du patrimoine dans l’économie du tourisme, et la façon dont ces secteurs profitent à l’industrie.

Mme Dul, qui dirige également la Direction générale des ressources historiques du Manitoba, trouve que c’est plus facile à dire qu’à faire : « Est‑ce profitable à tous les participants? Dans l’affirmative, comment pouvons‑nous l’approfondir? Si ce n’est pas le cas, que pouvons‑nous faire pour sensibiliser nos collègues de l’industrie touristique aux questions particulières qui touchent le secteur des arts et du patrimoine en tant que partenaire du tourisme? » Elle signale qu’il y a près de dix ans, on a constaté un besoin accru de collaboration entre les secteurs touristique et culturel. On a réalisé que de nombreuses attractions au Canada (musées, sites du patrimoine ou festivals) favorisent le tourisme. Les ministres responsables de la culture étaient souvent également chargés du tourisme. Cependant, les deux secteurs semblaient fonctionner en vase clos.

Lorsque Mme Dul et ses collègues ont commencé à examiner des modèles axés sur la collaboration, ils ont établi des principes axés sur le respect des processus locaux. « Par exemple, nous avons réalisé que de nombreux guides rédigés par l’industrie touristique ne sont pas adaptés au contexte de la culture et du patrimoine. Il faudrait mettre l’accent sur la collaboration avec les groupes locaux et sur les initiatives de formation. »

Mme Dul réalise bientôt que de nombreuses provinces offrent de la documentation aux organisations du patrimoine et des arts. Cependant, ces outils sont surtout axés sur le marketing : « Souvent, les organisations du domaine des arts n’ont pas besoin de conseils en marketing, mais plutôt d’objectifs clairs et d’une compréhension du soutien que peut leur offrir le secteur touristique pour atteindre ces objectifs. Nos collègues du tourisme accordent parfois trop d’importance au marketing, alors qu’il leur faudrait s’informer davantage sur les réseaux, les besoins et le rôle des organisations culturelles et patrimoniales. Il faut établir un processus de développement de base. »

Mme Dul parle ensuite de l’analyse économique et décrit une préoccupation relative au rendement des contributions faites par les organisations des arts et du patrimoine. « On a tendance à examiner le nombre de visiteurs. On se dit que lorsque le nombre de visiteurs augmente, tout va bien. Cependant, bon nombre d’installations (particulièrement des sites du patrimoine) sont préoccupées par la détérioration causée par l’augmentation des visiteurs. L’activité touristique entraîne‑t-elle des pressions additionnelles sur des ressources fragiles? Les organisations culturelles et patrimoniales reçoivent‑elles du soutien ou des fonds pour entretenir leurs infrastructures? »

Du point de vue du secteur des arts et du patrimoine, il s’agit de questions délicates qui n’avaient pas été vraiment abordées avant l’IFPTT, souligne Mme Dul. « Il est facile de parler d’un partenariat – nous connaissons les avantages pour l’industrie touristique. Mais que sont‑ils pour le secteur des arts et du patrimoine? Nos collègues du tourisme ont une réponse simple : l’augmentation du nombre de visiteurs et les droits d’entrée. Cependant, ce montant ne suffit généralement pas à couvrir l’ensemble des coûts d’entretien et d’exploitation des sites du patrimoine et des parcs, compte tenu des nombreux programmes de conservation et d’interprétation. »

Les intervenants de l’IFPTT savent qu’il s’agit d’une question complexe, qu’on ne peut résoudre simplement en demandant plus de fonds au secteur touristique. Mme Dul estime qu’on reconnaît de plus en plus le rôle joué par la culture et le patrimoine dans le tourisme, dans l’ensemble du Canada. « Des échanges très positifs pourraient avoir lieu, même si bon nombre de petits musées et de sites du patrimoine luttent pour demeurer ouverts et pour continuer d’offrir des services adéquats. À ce titre, nous n’avons pas encore observé de changements importants, mais on constate que les décideurs sont de plus en plus sensibilisés au fait que le secteur des arts et du patrimoine a besoin de soutien pour jouer pleinement son rôle de partenaire du tourisme. »

« J’ai constaté que le Canada accuse un retard à l’échelle internationale pour ce qui est d’attirer de nouveaux visiteurs, en raison du manque de produits culturels. Comment peut‑on élaborer des produits culturels si l’on ne dispose d’aucune nouvelle stratégie d’investissement? Comment faire pour choisir les meilleurs produits, les plus authentiques et les plus uniques? »

On continue de tenter d’atteindre un juste milieu. Le dialogue semble désormais plus ouvert.

Collaboration entre une galerie d’art de Vancouver et le secteur du tourisme

(article publié initialement dans TOURISME)

La Vancouver Art Gallery a eu l’audace de présenter cet été une importante exposition d’œuvres modernes provenant de la collection du musée des beaux‑arts de Cleveland. « De Monet à Dali » est la plus grande exposition d’œuvres historiques européennes présentée à la galerie. L’exposition, qui sera présentée jusqu’en septembre, comprend notamment des œuvres de Picasso, de Gauguin, de Cézanne et de Manet. Il s’agit de la principale source de revenus en 2007 pour l’institution, qui mise considérablement sur l’industrie du tourisme pour assurer le succès du projet, selon la directrice du Marketing et des Communications, Dana Sullivant.

« Il est très important pour nous de ne pas viser uniquement les gens du Sud de la province. Il s’agit d’une excellente occasion d’attirer des visiteurs dans la ville. On a constaté à plusieurs reprises qu’une exposition présentant des œuvres impressionnistes des grands maîtres européens attire les touristes, au Canada comme aux États‑Unis. Pour la toute première fois, nous avons élaboré une vaste campagne de promotion et nous collaborons avec les bureaux du tourisme locaux. Nous dépensons des fonds dans d’autres marchés pour inviter les visiteurs à découvrir Vancouver. »

Mme Sullivant indique que l’initiative a commencé il y a environ deux ans, lorsque la galerie s’est adressée à Tourisme Vancouver et à Tourisme C.‑B. pour créer une campagne de publicité attrayante inspirée des œuvres présentées. De plus, la galerie a présenté son projet dans les salons Rendez‑vous Canada et Canada’s West Marketplace.

« Dans tous les principaux salons, nous avons présenté un aperçu de l’exposition aux organisateurs de voyages, aux consommateurs et aux agents de voyages », souligne Mme Sullivant. « Nous offrons des forfaits individuels ou en groupe. Tout le monde y trouve son compte. »

Mais cela ne s’est pas fait en une journée : « Avant 2005, la Vancouver Art Gallery n’avait jamais eu de programme touristique. Ses efforts visaient principalement le marché local, et les touristes nous visitaient souvent par hasard. Aujourd’hui, nous avons conclu des partenariats avec la Vancouver Trolley Company, avec Grey Line et avec plusieurs autres entreprises de la ville. Ces initiatives, lancées il y a deux ans, commencent à donner des résultats. »

La galerie a ainsi pu tirer parti d’un nouveau marché non exploité. Selon les sondages, 44 % des visiteurs de la galerie viennent de la grande région de Vancouver, 23 % viennent d’ailleurs au Canada, 20 % viennent des États‑Unis et 13 % viennent d’autres pays. Ainsi, 33 % des visiteurs de la galerie viennent de l’extérieur du Canada.

La galerie possède plusieurs atouts. Située dans un édifice patrimonial en plein cœur du centre‑ville, l’institution a considérablement modifié son attitude par rapport au tourisme et à la diversification des revenus. Ces changements ont été mis de l’avant par l’administratrice Kathleen Bartels, qui oeuvrait auparavant au musée d’art contemporain de Los Angeles.

« On reconnaît désormais que le tourisme représente une véritable mine d’or pour la Vancouver Art Gallery », indique Mme Sullivant. « Le nombre de visiteur est en hausse constante depuis l’arrivée de Kathleen en 2001. Rien ne devrait empêcher Vancouver de devenir l’une des principales destinations culturelles en Amérique du Nord. Ce sera sûrement le cas si nous continuons de vanter la beauté de cette ville et la richesse de ses atouts artistiques. »

La culture et le patrimoine, des incontournables…

(article publié initialement dans TOURISME)

Auteur: Ernest Labrèque

En dépit de l’existence de puissants « influenceurs » à l’international, comme le Cirque du Soleil, le Nation Brands Index (Simon Anholt) n’attribuait en 2005 qu’un 18e rang au Canada pour sa dimension culturelle, en termes de perceptions internationales.

Le Canada sera‑t-il un jour perçu comme une destination riche en expériences culturelles pour ses millions de visiteurs? Comment faire en sorte que les musées, les festivals, les institutions culturelles ne deviennent sous‑financés à l’excès? Comment éviter que les grands lieux patrimoniaux, si chers aux touristes, ne se détériorent, nuisant ainsi à la compétitivité internationale du pays?

Ces enjeux sont réels. Les résultats atteints par deux initiatives de collaboration au plan national entre les secteurs du tourisme, de la culture et du patrimoine méritent l’attention, quoique partant de points de vue différents sur ces enjeux. L’une, de la Commission canadienne du tourisme (CCT), Faire fructifier les atouts / Packaging the Potential (maintenant complétée); l’autre, une concertation unique entre les 13 ministres de la culture et du patrimoine au pays, l’Initiative en tourisme fédérale‑provinciale‑territoriale (ITFPT).

Sait‑on que l’ITFPT, constituée en 2003 et renouvelée en 2006, a offert aux organismes culturels des outils fort pertinents et accessibles sur le web?

  • Un modèle d’analyse des retombées touristiques pour les lieux culturels, utiles dans les démarches de financement auprès des décideurs;
  • 23 études de cas (attraits touristiques) de concertation réussie tourisme et culture;
  • un survol complet d’études de marché au pays et à l’international en ce domaine.

On peut consulter ces rapports, et bien d’autres, à www.pch.gc.ca/pc-ch/pubs/tourism/index_f.cfm

Quant à elle, la stratégie d’affaires 2000‑2005 de la CCT, adoptée par le conseil d’administration, a débouché sur des ressources et des modèles nouveaux de mise en marché :

  • Canada : Destination Culture, fruit d’un symposium où des acheteurs internationaux ont fait valoir leurs attentes quant au produit culturel canadien;
  • des partenariats innovateurs dans le cadre de bourses touristiques ou forums spécialisés ciblant les produits culturels (Bienvenue Québec, Manitoba) et
  • le produit éducatif « Learning Travel » : une sélection de plus de 320 expériences certifiées éducatives proposées aux acheteurs internationaux;
  • des recherches sur les touristes américains et canadiens passionnés de spectacles, d’objet d’arts, de musées et de patrimoine.
Ernest Labrèque a travaillé à la CCT jusqu’en 2006 à titre de spécialiste en tourisme culturel. Il est présentement responsable du secteur Film et Télévision aux Relations culturelles internationales, Affaires étrangères et Commerce international‑Canada.

Les campeurs demandent souvent un accès sans fil à Internet

(article publié initialement dans TOURISME)

Il semble qu’aujourd’hui, les campeurs ne souhaitent plus nécessairement couper tous les liens avec la réalité. Un nombre croissant de terrains de camping offre gratuitement l’accès sans fil à Internet. Selon Lisa Thompson, gestionnaire du Niagara Falls KOA, les clients en font de plus en plus souvent la demande.

« Les gens apprécient beaucoup notre réseau Wi‑Fi. Nous constatons la popularité du service, surtout lorsqu’il y a des pannes. Lorsque c’est le cas, des clients viennent tout de suite nous le signaler. C’est ainsi que nous voyons que les utilisateurs sont nombreux. »

Amy Raposo et son époux Tony sont propriétaires du camping KOA à Barrie, en Ontario. Ils observent la même tendance : « En général, la troisième question que nous posent nos nouveaux clients concerne l’accès sans fil à Internet. Nous offrons ce service grâce à une tour et des répéteurs. »

Kyle Newell est l’administrateur de réseau au siège social de KOA, à Billings, Montana. On lui a souvent demandé de donner des conseils aux propriétaires de terrains de camping souhaitant offrir l’accès sans fil à Internet. « Il faut d’abord disposer d’une bonne connectivité à Internet. Ceci peut représenter un défi, puisque les terrains de camping ne sont pas tous situés près des villes. Il faut ensuite de l’équipement sans fil adéquat. Avec le temps, nous avons trouvé des fournisseurs fiables pour l’installation de l’équipement; ces entreprises offrent un soutien aux propriétaires et aux campeurs, et ils assurent la surveillance du réseau pour garantir la qualité de la connexion. »

Ces entreprises spécialisées s’assurent qu’un nombre suffisant d’antennes et d’appareils sont installés pour offrir un service adéquat. « Ces entreprises peuvent examiner la photo satellite d’un terrain de camping, et si elles connaissent l’emplacement de l’ensemble des roulottes, des arbres et des bâtiments, elles peuvent couvrir tout le site. Je conseille aux gens de s’adresser à un fournisseur habitué à traiter avec les terrains de camping, parce qu’il existe une énorme différence entre l’installation d’un réseau Wi‑Fi dans un café et sur un terrain de camping, où l’on trouve des roulottes, des arbres, des collines et des bâtiments. »

M. Newell conclut que les terrains de camping ne devraient pas avoir besoin d’experts en informatique sur place. Il s’agit avant tout de terrains de camping, non de fournisseurs Internet. Il vaut mieux laisser agir les experts.

Soutien municipal des partenariats entre la culture et le tourisme

(article publié initialement dans TOURISME)

Saskatoon a été désignée capitale culturelle du Canada en 2006, avec quatre autres collectivités du Canada, dans le cadre d’un programme national visant à reconnaître et à soutenir les municipalités canadiennes « pour les activités spéciales qui mettent en valeur les nombreux avantages des arts et de la culture dans les collectivités ».

L’objectif du programme national est de promouvoir les arts et la culture dans les municipalités du Canada, en reconnaissant l’excellence et le soutien des activités spéciales qui intègrent ces valeurs dans la planification générale. Le financement du gouvernement fédéral (jusqu’à 2 millions de dollars pour une ville comme Saskatoon) vise à permettre aux collectivités d’investir davantage dans les arts et la culture, d’accroître et d’améliorer les services culturels et de renforcer les liens avec d’autres collectivités grâce à des expériences culturelles communes.

La recherche interne visant l’élaboration d’une stratégie de tourisme culturel pour la ville comprenait deux séances de réflexion pour recueillir les divers points de vue des intervenants. Les participants représentaient plusieurs organisations culturelles, ainsi que les secteurs commercial, éducatif, municipal et touristique.

Tourisme Saskatoon a fait preuve d’innovation en évitant de participer aux séances, pour assurer un dialogue entièrement ouvert. Les participants ont discuté de leur vision du tourisme culturel, des défis et des possibilités liés aux stratégies, et des éléments qui devraient être intégrés dans l’identité visuelle. (Le processus a été géré par Fast Consulting, Terry Schwalm and Associates et Marketing Den.)

Le conseil municipal de Saskatoon accepte le rapport (Cultural Tourism & Marketing Strategy Saskatoon, mars 2007) sans mettre en œuvre des mesures additionnelles pour l’instant.

Mettre l’accent sur le tourisme autochtone

Daniel Paul Bork

(article publié initialement dans TOURISME)

Les paysages spectaculaires, les expériences uniques et les cultures dynamiques sont de précieux atouts dans le domaine du tourisme. Le tourisme autochtone au Canada offre tous ces éléments. Le nouveau PDG de Tourisme autochtone Canada (TAC), Daniel Paul Bork, souhaite s’assurer que ces produits touristiques enrichissent le marché du Canada et qu’ils obtiennent le succès qu’ils méritent.

M. Bork, président de la société Cook Consulting, du Manitoba, a été nommé PDG de TAC ce printemps. Il souligne que le secteur du tourisme autochtone a connu une forte croissance, accompagnée d’un remaniement de son mandat. Par le passé, les associations touristiques autochtones étaient bien représentées au sein du conseil d’administration de TAC. L’objectif principal était de défendre les intérêts de ces associations tandis qu’elles élaboraient des stratégies régionales. Aujourd’hui, à la demande des organismes de financement et de certains administrateurs, l’objectif consiste plutôt à améliorer, à faciliter et à appuyer l’industrie touristique autochtone dans la mise en marché de leurs produits.

M. Bork s’est fixé un objectif précis : désigner 25 produits touristiques autochtones reconnus à l’échelle internationale et les offrir sur le marché. « Nous voulons promouvoir ces produits sur la scène internationale, auprès de consommateurs souhaitant visiter le Canada, afin d’encourager ces derniers à inclure des produits autochtones dans leur itinéraire. »

M. Bork reconnaît qu’il y aura plusieurs défis à relever : il existe des déséquilibres entre les régions en ce qui concerne les produits disponibles. « Dans certaines régions du pays, on manque d’organisation, notamment au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et dans les Maritimes. Les propriétaires et les exploitants ont eu de la difficulté à promouvoir leurs produits touristiques autochtones, ce qui semble un peu étrange, en particulier dans les Prairies, où les Autochtones sont nombreux et où l’on trouve d’excellents produits. Cependant, on a observé une tendance consistant à mesurer le succès de produits individuels plutôt que de l’ensemble de l’industrie pour élaborer une stratégie visant la mise en marché des produits. »

« Le marketing est à la fois un art et une science », poursuit M. Bork. « Par le passé, certaines initiatives de marketing ont été très peu efficaces. C’est une question d’expérience. Il faut embaucher des gens ayant de l’expérience. » M. Bork indique que les voyagistes autochtones ont tendance à collaborer efficacement avec leur organisation provinciale de marketing (p. ex. Tourisme C.‑B.); on constate l’efficacité de ce type de partenariat, comparativement à d’autres administrations où l’on n’a pas conclu de telles ententes de marketing.

M. Bork souligne qu’aux termes du nouveau mandat de TAC, l’élaboration des produits touristiques autochtones demeurera la responsabilité des associations touristiques régionales (autochtones) existantes. « TAC souhaite faciliter l’élaboration des produits afin de favoriser l’écotourisme, grâce aux spécialistes du tourisme autochtone et à des stratégies efficaces. Ce sera notre rôle, mais nous ne nous occuperons pas du développement. » TAC a été en contact avec la Société internationale d’écotourisme, qui élabore une stratégie d’écotourisme pour les Autochtones et qui compte 15 projets axés sur l’écotourisme. M. Bork estime qu’il s’agit d’une excellente occasion d’associer cette expertise à l’élaboration de produits touristiques autochtones au Canada.

« Nous avons remarqué que le secteur du développement économique et les entreprises autochtones travaillent souvent en vase clos. Mon rôle est de les faire travailler ensemble et avec d’autres partenaires afin d’accroître leur clientèle. Il est très important d’établir des relations. »

Selon M. Bork, il existe un besoin pressant en matière de recherche. Celui‑ci espère que ce volet du nouveau mandat de TAC pourrait permettre de mobiliser la Commission canadienne du tourisme (CCT). « Nous avons déjà décidé d’aller de l’avant en effectuant des recherches dans le marché allemand au cours des mois à venir. Il sera important de diffuser les résultats de cette étude de marché et d’en informer les voyagistes et les associations touristiques régionales, afin d’établir un lien entre le propriétaire/exploitant, le produit et les voyagistes. Les résultats de la recherche doivent être faciles d’accès et utilisés pour mettre en valeur les produits touristiques autochtones du Canada. »

Selon M. Bork, la présentation des expériences touristiques autochtones est essentielle. Trop souvent, les visiteurs reçoivent un minimum d’information et sont ensuite laissés à eux‑mêmes. Cependant, les visiteurs veulent s’informer et vivre des expériences enrichissantes, du point de vue des Autochtones. Il ne suffit plus d’installer quelqu’un dans un canot et de pagayer toute la journée pour parler d’une expérience autochtone.

Il peut être difficile de définir les produits touristiques autochtones. Des hôtels et des lignes aériennes au Canada appartiennent à des Autochtones, en totalité ou en partie, mais leur lien avec la culture autochtone n’est pas toujours évident. « Ceci pourrait permettre d’établir un juste équilibre », indique M. Bork. « Par exemple, on pourrait promouvoir un produit ou un service appartenant à 51 % à des Autochtones avec d’autres produits et services non autochtones. De plus, certains produits, tels que des casinos et des terrains de golf, n’offrent pas d’expériences autochtones traditionnelles, mais il s’agit en fait de produits appartenant entièrement à des Autochtones. »

Compte tenu des défis à venir, il n’est pas surprenant que le nouveau PDG de TAC insiste sur les partenariats. Le partenariat concernant l’emplacement du nouveau bureau de TAC est un bon exemple : l’espace de bureau sera partagé avec l’Association de l’industrie touristique du Canada à Ottawa. « Nous voulons sortir de notre isolement et collaborer beaucoup plus étroitement avec le reste de l’industrie, dans notre intérêt mutuel. »