Claude-Jean Harel à Cape Spear: le point le plus à l'est en Amérique du Nord(article publié initialement dans
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Charlotte Jewczyk, directrice du développement de marchés et des relations avec l’industrie, à Tourisme Terre-Neuve-et-Labrador, admet d’emblée que le marché national a toujours été le meilleur pourvoyeur de sa province. « [Nos clients viennent] essentiellement des Maritimes et de l’Ontario. Dernièrement, toutefois, nous voyons plus de Québécois et de gens de l’Ouest. »
Mais peut-être mieux encore, Mme Jewczyk a observé une augmentation des dépenses effectuées par ces clientèles. « Les visiteurs arrivent et sont séduits par des expériences d’une gamme légèrement plus relevée. Étant donné que d’importants investissements ont été consacrés à nos infrastructures d’hébergement à ce niveau, ces visiteurs nous procurent un meilleur rendement. Nous répondons à la demande de voyageurs avertis qui veulent passer leurs journées à la dure, mais leurs nuits en tout confort. »
Mme Jewczyk relève également que l’activité a beaucoup augmenté chez les croisiéristes. « Ce secteur est prometteur pour Terre-Neuve-et-Labrador, surtout pour la circumnavigation, car nous avons 27 ports d’escale. Les navires de croisière s’arrêtent donc dans des lieux où les visiteurs ne trouveraient pas normalement d’hébergement, sur la terre ferme. Ce sont des croisières d’expédition; je connais des croisiéristes qui affichent déjà complet pour 2008. »
Alors, pourquoi les consommateurs sont-ils attirés par ce genre d’expériences? Mme Jewczyk dit que l’image de marque de la destination y est pour beaucoup. « Nous continuons à servir les adeptes d’expériences enrichissantes et introspectives. Pour diverses raisons, Terre-Neuve-et-Labrador en a à revendre. Qu’il s’agisse de rencontrer un chauffeur de taxi ou de goûter au pain de ménage ou au grand air, ce sont toutes ces expériences que les gens n’obtiennent pas dans les grandes villes qui semblent les attirer. »
L’autre élément qui attire les Canadiens en particulier, selon Mme Jewczyk, c’est la culture de Terre-Neuve-et-Labrador. « Elle est présente dans notre musique, nos objets d’art et notre littérature et [cela] aide à promouvoir notre destination. »
Pour les Canadiens, le ‘Rocher’ est-il exotique? « Absolument, répond Mme Jewczyk. Je pense que nous sommes parvenus à maturité à titre de destination située en marge des sentiers battus. Nos recherches révèlent que beaucoup de clients viennent parce qu’ils ont toujours voulu voir Terre-Neuve-et-Labrador. Avant et après nos réunions et congrès, ils ont parfois l’occasion de contribuer à l’économie provinciale. »
Elle explique que ce succès résulte de l’authenticité des expériences offertes : « Ce sont des choses qui nous ont été données par la nature, le relief et l’archéologie; [des choses comme] notre environnement marin, notre histoire naturelle, nos gens et notre sentiment d’appartenance. Tout ce que Terre-Neuve-et-Labrador a à offrir est à l’origine d’une merveilleuse synergie; pour nous, il est tout naturel de nous inspirer de cet atout. »
Les visiteurs semblent apprécier. Mme Jewczyk dit que le séjour moyen, dans la province, dure de 10 à 12 jours. « Ainsi, notre rendement est bon dès que quelqu’un décide de venir à Terre-Neuve-et-Labrador. Il n’y a rien de tel qu’un touriste accidentel, ici. Pour venir ici, il faut le décider délibérément; on ne fait pas que ‘passer’ par Terre-Neuve-et-Labrador. »
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Comme d’autres destinations canadiennes, la Nouvelle-Écosse pâtit du fléchissement du marché américain. Selon John Somers, directeur du marketing à la division tourisme du ministère du Tourisme, de la Culture et du Patrimoine de la Nouvelle-Écosse, « les principaux coupables sont le dollar et la réticence des Américains face aux voyages à l’étranger. »
Il dit que cette année a été l’année du tourisme canadien : « Les plus fortes augmentations sont essentiellement attribuables à l’Ontario; en juillet, le tourisme routier a augmenté de 19 %, je crois. C’est assez contre-intuitif pour nous, mais nous avons créé un profil à l’aide de la promotion ‘Ceilidh in the Capital’ que nous avons présentée dans la région d’Ottawa cette année. »
M. Somers pense que la force de ce genre d’activités de marketing provient de l’identification d’un public cible qui correspond au concept de l’explorateur culturel, mis au point par la CCT. « En interrogeant nos clients, nous constatons que les voyageurs qui souhaitent venir en Nouvelle-Écosse [surtout à partir d’un marché moyennement ou très éloigné] désirent vraiment faire l’expérience des destinations qu’ils visitent et de la culture locale. Pour obtenir une solution gagnante, nous jumelons cette réalité au concept plus classique des expériences de plein air offertes en Nouvelle-Écosse. »
M. Somers dit que des recherches révèlent que beaucoup de voyageurs originaires de lieux moyennement éloignés perçoivent toujours la Nouvelle-Écosse comme une destination où l’on se rend en automobile. Or, son ministère travaille à une stratégie visant à tirer parti de l’accroissement du nombre de vols vers la Nouvelle-Écosse. Il dit que sa destination continue à investir un « montant d’argent assez important » dans le marché américain, qui représente toujours de 11 % à 12 % des visiteurs non résidents. « Malgré tous nos efforts, ce marché semble maintenant être en déclin un peu partout au Canada, dit-il. Nous essayons d’attirer les gens ici, tout en envisageant de nouveaux marchés comme l’Ouest canadien. Évidemment, l’Ontario, le Québec et les Maritimes ont toujours été importants pour nous, alors nous y déployons aussi des efforts. »
Les chiffres sont généralement encourageants pour la Nouvelle-Écosse. Entre le début janvier et la fin août, le nombre de visiteurs a progressé de 1 % par rapport à la même période l’an dernier, surtout en raison de l’apport de voyageurs canadiens. Les chiffres sont en baisse de 8 % pour les États-Unis et de 9 % pour les pays d’outre-mer, mais en hausse de 6 % pour le Canada. Les trois provinces de l’Atlantique représentent plus de la moitié de visiteurs de la Nouvelle-Écosse, tandis que 10 % des visiteurs canadiens viennent de l’Ontario.
Quatorze pour cent des visiteurs viennent de l’Ouest canadien. « L’économie albertaine étant florissante, le bassin de revenus disponibles y sera énorme, reconnaît M. Somers. Avec cette prospérité, beaucoup de gens font la navette entre les Maritimes et l’Ouest canadien. »
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Les organismes qui s’interrogent sur les directions à prendre pour l’avenir sont souvent bien partis pour assurer leur durabilité. Tout indique que Bienvenue Québec et l’Association des propriétaires d’autobus du Québec (APAQ) prospèrent grâce à cette approche éprouvée. L’édition de la bourse du tourisme de cette année comportait une session dans laquelle on a posé aux acheteurs et aux vendeurs une série de questions élaborées par François Chevrier de l’École des sciences de la gestion (ESG) de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM).
« L’APAQ (propriétaire de Bienvenue Québec) veut permettre à la formule de l'événement d’évoluer », dit M. Chevrier. « Les organisateurs ont examiné d’autres salons et j’ai analysé les sondages de tous les participants : ils sont très satisfaits de ce que Bienvenue Québec leur offre, mais l’APAQ veut constamment innover pour s’assurer que les participants restent fidèles à l'événement. »
M. Chevrier indique qu’en ce moment, l’APAQ analyse la structure de l’événement et songe à ajouter d’autres composantes. « Elle a constaté, par ses recherches, un intérêt naissant à offrir aux participants un plus grand nombre de possibilités de réseautage et de diffusion de renseignements. On veut, par exemple, connaître des experts qui annoncent de nouvelles tendances touristiques. »
Ces aspirations ont entraîné la tenue de tables rondes et de discussions entre experts et en groupe pour stimuler le dialogue. L’APAQ avait hâte de tenter l’expérience à Bienvenue Québec 2007, qui se tenaire au Saguenay. Il a adopté un nouveau concept qui s’est avéré très populaire, selon Marilyn Désy, coordonnatrice au développement et à la promotion.
« Cette [rencontre] entre vendeurs et acheteurs provient du besoin des vendeurs d’en apprendre davantage sur les acheteurs. Bienvenue Québec attire des joueurs importants, comme des représentants du secteur hôtelier, qui connaissent bien les acheteurs. Cependant, ce qui fait souvent ressortir l'attrait d’une destination, ce sont des petits joueurs et des événements phares qui rehaussent les programmes des voyagistes. »
Durant le Carrefour du tourisme francophone, les acheteurs se présentaient deux par deux à neuf tables rondes pendant des périodes de 11 minutes chacune. « Au Québec, nous avons en plus la dynamique linguistique [...] Pour que les rencontres soient fluides, les acheteurs francophones et anglophones sont regroupés séparément. Le vendeur doit s'adapter à la langue de l'acheteur. »
Mme Désy dit que plusieurs vendeurs n’avaient pas les moyens de participer à Bienvenue Québec. « Avec cette formule, le premier jour est consacré aux produits, à la connaissance du marché et au réseautage francophones, tandis que les deux autres jours sont consacrés à l’ensemble du marché. »
De l'avis des vendeurs participants, cette formule leur a été d'un grand profit. « Comme il y avait plusieurs acheteurs et vendeurs autour de la table, il semblait y avoir plus de nouvelles idées et nous avons obtenu de meilleures réponses à nos questions. J'ai trouvé l'exercice utile », de dire Pierre Derouin, directeur du Village québécois d’antan, de Drummondville.
Julie Bouliane s'occupe du service à la clientèle du parc national du Saguenay : « C'est ma première participation à Bienvenue Québec. J’ai assisté, par le passé, à d’autres salons où nous rencontrions nos clients en tête-à-tête. Cette formule permet de rompre la glace plus facilement : il nous prépare aux prochains rendez-vous et chaque participant a un peu de temps pour présenter ses activités, puis de poser des questions pertinentes sur ce que les acheteurs recherchent. »
Catherine Boulay, représentante de ManiganSes, un festival international des arts de la marionnette, à Jonquière, partageait cet avis. Elle avait l’impression que c’était une façon moins intimidante de faire ses débuts dans le monde des bourses touristiques.
Comme l’a fait remarquer Marilyn Désy, de l'APAQ, il est difficile pour les vendeurs de maximiser les occasions que présente cette bourse sans connaître de façon approfondie les besoins des acheteurs. « Ce genre d'activité encourage les vendeurs à écouter, aussi comprennent-ils mieux les réalités commerciales des acheteurs. »

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Photo: Marc Archambault / Le MassifQuand Daniel Gauthier (du fameux Cirque du Soleil) a acheté, en 2002, la station de ski Le Massif à Petite-Rivière-Saint-François dans Charlevoix, il s'est vite rendu compte qu’il faudrait un projet de développement pour assurer la prospérité à long terme de la station. Il voulait transformer la station en une exploitation touristique quatre-saisons de renommée internationale, tout en préservant le paysage, le sens d’appartenance locale ainsi que le tissu des collectivités environnantes.
Selon Diane Laberge, directrice des communications du Groupe Le Massif, « le concept a changé pour inclure l’aménagement d’un hôtel de 150 chambres à la ferme historique Filbaie de Baie-Saint-Paul, à 20 kilomètres, ainsi qu’une gare pour desservir les clients entre la station de ski et l'hôtel. »
La navette ferroviaire fait partie d'un plus vaste plan de train touristique qui relie la ville de Québec et La Malbaie (pays du Fairmont – Le Manoir Richelieu). « À Baie-Saint-Paul, nous comptons construire une place publique, un marché et un salon d'exposition de 500 places », indique Mme Laberge. Elle ajoute que le projet se conformera aux principes de durabilité qui comprennent les aspects sociaux du développement et qui visent à offrir des perspectives d’emplois permanents et de qualité aux résidents locaux : « Nous espérons apporter un renouveau économique qui convaincra la jeune génération qui a quitté la région pour étudier ou travailler, d’y revenir. Nous collaborons avec des municipalités locales pour créer des programmes permettant à ces personnes d’accéder à la propriété. Il ne s’agit plus qu’un projet touristique, c’est un projet avec une mission véritable et une vision vraiment humaniste. »
Mme Laberge signale que les principaux éléments du projet devraient être fonctionnels d’ici l’été 2009, y compris l’installation d’une télécabine pour transporter les passagers qui débarquent du train jusqu’au pied de la station de ski.
Le projet a retenu l’attention de plusieurs investisseurs qui ont déjà lancé leurs plans de développement, compatibles avec ceux du Groupe Le Massif. Olivier Lerun, le directeur exécutif de Villa Marvic (qui appartient à une société de placement française) explique : « nous disposons d’environ sept millions de pieds carrés et nous visons à établir une coentreprise pour construire des hôtels ou des établissements d’accueil comme des spas. » La première construction de la société est une auberge de luxe de 7 000 pieds carrés dans un terrain de 200 000 pieds carrés. Elle utilise un système de chauffage géothermique avec des fenêtres conçues pour filtrer le soleil, minimisant ainsi le recours au conditionnement de l’air en été.
Mme Laberge dit que le Groupe Le Massif est conscient de la contrainte que son projet représente pour les autres promoteurs, compte tenu de l’importance pour les consommateurs des principes de durabilité. « Nous n’avons pas toutes les réponses. Le développement durable est au cœur de notre modèle de gestion, mais il nous faudra quelques années pour y arriver. Comme plusieurs, nous apprenons comment y parvenir. »
Mme Laberge espère que cette approche positionnera Charlevoix comme un modèle de pratiques avantageuses pour le tourisme international. Cette approche plaît à François Gariépy de Tourisme Charlevoix. « L’importance de ce projet pour la région de Charlevoix et la province réside dans l’engagement de M. Gauthier de respecter le fait que Charlevoix soit une réserve biosphère de l'UNESCO. Il s’est engagé à ne pas changer le paysage de Charlevoix et à ce que toute nouvelle construction ne dépasse pas les cimes des arbres dans le territoire Le Massif. » M. Gariépy constate que le projet inclut l'utilisation du territoire comme parc de recherche scientifique pour des entreprises canadiennes de technologie de pointe dans les domaines de l'énergie durable.
Le tourisme à Charlevoix est en soi une industrie du patrimoine et les nouveaux développements en sont le reflet. Le train touristique qui offrira aux voyageurs un panorama inégalé le long du St-Laurent s'arrêtera dans des villages comme Les Éboulements et Ste-Irénée et ira jusqu’à Pointe-au-Pic, où accostaient les légendaires « palais flottants » au début du siècle dernier.
« Le projet vise à attirer surtout des Européens » confie M. Gariépy. « Nous avons commencé à envoyer des ballons d'essai et j'ai le plaisir d'annoncer que nous obtenons des réponses positives, du Canada également. Les gens sont beaucoup plus réceptifs à l’idée de ce projet qu'on aurait pu penser au départ. »
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Claire Bessette de Jonview s’occupe du segment des voyages en groupe pour le Canada et des produits de groupe et autonomes pour le Canada atlantique. Elle a acquis une connaissance précieuse de ce qui est à la mode et de ce qui ne l’est pas, des facteurs déterminants dans les secteurs des circuits en autocar et en groupe.
« Pour les Européens, le Québec n’est plus tellement à la mode, contrairement à l'Asie et à l'Europe de l'Est. L’ouverture des pays de l'Europe de l'Est est un attrait pour les voyageurs européens, compte tenu d’une multitude de facteurs, dont la proximité et la compétitivité des prix (surtout des tarifs aériens) », dit Mme Bessette. « La Thaïlande, qui a souffert après le tsunami, a tout fait pour attirer de nouveau touristes, y compris offrir des produits irrésistibles et des expériences de grande qualité. »
Mme Bessette signale toutefois que le Québec, en tant que destination, est unique, en raison de la dimension linguistique qui ouvre tant de possibilités pour des organisateurs et des fournisseurs de voyages en autocar. « Je m'occupe des voyages en groupe des Européens francophones, notamment des Français, des Belges et des Luxembourgeois. Les fournisseurs doivent être extrêmement imaginatifs et novateurs. Il faut inculquer aux étrangers le désir de venir ici, et créer le besoin de visiter maintenant le Québec et le Canada », dit-elle.
« Nous ne sommes pas une destination dite ‘à risque’. Rien ne presse de venir ici. Dans dix ans, le Canada sera encore là, comme toujours, poursuit Mme Bessette, alors qu’ailleurs, comme en Chine, les gens pensent qu’il faut y aller avant que ça change. »
Mme Bessette croit que le Canada n’est pas considéré comme un lieu exotique. « Nous devons changer cette perception et devenir exotiques et, à cette fin, nous avons besoin de l'aide de tout le monde. L'industrie du tourisme évolue constamment, nous devons suivre les tendances du marché, sinon nous mourrons. »
« Si nous avons une idée pour inciter les gens à venir ici, nous devons la poursuivre », souligne Mme Bessette. « Il faut mettre à contribution les fournisseurs et les offices de tourisme et élaborer une offre touristique qui permettra au Canada de mieux frapper l’imagination des gens. »
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Le président de Motor Coach Canada, Brian Crow, écrit dans le numéro de novembre du magazine Bus Ride (lectorat essentiellement américain) qu’en dépit des nombreux défis qu’elle doit relever, l’industrie canadienne des autocars poursuivra son essor.
« Au Canada, les exploitants d’autocars doivent affronter [de nombreuses] difficultés : tarifs trop bas, concurrents subventionnés, manque de reconnaissance de l’utilité des autocaristes pour le système de transport, image publique peu reluisante, taxes et permis, niveau d’achalandage, concurrence déloyale de la part d’une minorité d’exploitants non sécuritaires, problèmes d’exploitation (encombrement des rues, prix du combustible, ceintures de sécurité, heures de service, inspections de l’ASVC, incendies et lois anti-ralenti), nouvelles technologies (GPS, enregistreurs et caméras de bord, moteurs et entretien), stationnement et accès à certaines villes et parcs, etc. »
La majorité des compagnies canadiennes d’autocars appartiennent à des familles, précise M. Crow. Beaucoup d’entre elles offraient à l’origine des services de transport scolaire, et la propriété des entreprises a été transmise de génération en génération. Plusieurs des plus anciens autocaristes canadiens ont commencé par exploiter une diligence tirée par quatre chevaux; cinq générations plus tard, la même famille exploite des flottes d’autocars de 400 chevaux-vapeur. Or, la consolidation qui a eu lieu à partir des années 90 a considérablement réduit le nombre d’entreprises familiales. L’industrie passe de la propriété familiale à la propriété collective.
« Il n’y a pas de statistiques, mais Motor Coach Canada estime qu’environ 275 entreprises exploitent quelque 3 000 autocars au Canada. Les recettes du service interurbain régulier se chiffrent à un peu moins de 400 millions de dollars canadiens, et celles des services nolisés et forfaitaires, à un peu plus de 550 millions », écrit M. Crow.
« Au Canada, le service régulier a diminué comme aux États-Unis, depuis 20 ou 30 ans, à cause du transport aérien abordable et de la popularité de l’automobile.
« Greyhound domine le service régulier dans l’Ouest canadien et en Ontario. Coach Canada offre d’importants services réguliers en Ontario, au Québec et dans l’État de New York, parallèlement à ses services nolisés. Au Québec et au Canada atlantique, Orléans Express est le principal transporteur régulier. En périphérie des grandes villes, les transporteurs réguliers ont aussi une importante clientèle de navetteurs. Les commissions de transport ont transformé de nombreux trajets interurbains courts en itinéraires de transport en commun, repoussant les transporteurs privés vers des villes plus éloignées. »
M. Crow raconte qu’en découvrant le Canada, dans les années 90, les touristes japonais ont fait les beaux jours des autocaristes, mais qu’avec la dévaluation du yen à la fin de la décennie, cette activité a plafonné, puis diminué légèrement. Il prédit que les marchés comme la Chine et l’Inde pourraient stimuler le tourisme récepteur, au Canada. « Si c’est le cas, les affaires vont prospérer chez les autocaristes et dans les entreprises de tourisme réceptif. Les marchés du Mexique et du Brésil sont aussi en croissance, mais leurs chiffres sont encore relativement faibles. De nombreux indices donnent à penser que le marché américain des forfaits au Canada stagnera à des niveaux bien inférieurs à ceux de 2000 et 2001. »
M. Crow pense que la croissance est inévitable. « Il faudrait simplement que tous les transporteurs canadiens augmentent leurs tarifs pour améliorer leur rendement et investir dans de nouveaux véhicules et de nouveaux services. »
D’après lui, l’industrie renaîtra, et ce, pour les raisons suivantes : encombrement des routes et des rues, prix du combustible, fragilité de l’environnement, accroissement du nombre de voies réservées aux autobus, évolution démographique, immigration (les immigrants aiment généralement les voyages en autobus), baisse des subventions accordées au transport ferroviaire et public, technologie et présence d’exploitants qui ne se contenteront pas de rendements médiocres.